Curieux du monde et essaye de le comprendre.
Aime la vie, le beau, aimer, les enfants, les trucs compliqués ou "à la marge", l'Histoire, les auteurs antiques, la musique, la cuisine et plein d'aut'choses.
Bien que littéraire, je m'aperçois à la relecture que c'est par la musique que Xanadu s'est révélé à moi.
Il est de ces noms de lieux qui ont sur votre esprit un véritable pouvoir de fascination, un peu comme lorsque vous vous perdez dans la comtemplation
d'un sulfure de Murano.
Je pense ainsi à Samarcande, Blefuscu, Pellucidar ou encore Jabberwocky.
J'ignore si Xanadu vous évoque quelque chose de particulier, mais perso, il a hanté une bonne partie de mon existence.
Tour d'horizon de ce qui est un mythe de la culture anglo-saxonne.
Tout a commencé quand j'étais gamin.
Abonné à Mickey, enfin à "son" journal, je suivais toutes les semaines les aventures de Mandrake le magicien (mandrake = mandragore in english)
.
Une vieille BD années 30, que la souris refourgait à bon compte en version colorisée dans ses éditions européennes durant
les années 60-70, tout comme Guy l'Éclair (Flash Gordon en V.O).
Toi y'en a pas connaître ?
C'était un magicien, enfin un illusionniste qui pouvait hypnotiser des foules entières ou ses ennemis, pote avec des aliens, toujours accompagné de son fidèle ami et faire-valoir
Lothar, un guerrier zoulou je crois, et de la belle Narda...Bref, sachez qu'il y a plein de sites
de fans à son sujet si cela vous branche ou vous renvoie en enfance.
Mandrake the magician
Entre deux aventures, Mandrake se retirait dans son domaine, une forteresse inexpugnable, nommée Xanadu.
Le genre grand luxe comme cette vignette peut en attester.
A pas l'air mal Xanadu... on peut réserver pour août ?
Quelques années plus tard, j'avais cherché dans un dico (pour les - de 30 ans c'était comme wiki, mais en papier
et très lourd), ce dernier me parlait de la capitale disparue de l'empereur chinois Kubilaï Khan. La
belle affaire ! T'es bien avancé avec ça.
En réalité, Xanadu, c'est Ciandu, voici ce qu'en disait Marco Polo, si tenté qu'il ait mis un jour les pieds en Chine, mais ceci est une autre
histoire...
Je cite : "Ciandu fut bâtie par le grand Khan Koubilaï, lequel y fit construire un superbe palais de marbre enrichi d’or. Près de ce palais il y a un parc royal fermé de murailles de toute
part, et qui a quinze miles de tour. Dans ce parc il y a des fontaines et des rivières, des prairies et diverses sortes de bêtes, comme cerfs, daims, chevreaux, et des faucons, que l’on
entretient pour le plaisir et pour la table du roi, lorsqu’il vient dans la ville. (...) Le Grand Khan demeure là ordinairement pendant trois mois de l’année."
1980... Olivia Newton John (si, si,la blonde qui à 30 berges voulait en faire 17 dans le film cucultissime Grease avec John Travolta) au sommet de sa gloire, commet un hit avec le groupe ELO qui s'appelle
Xanadu.
Ne le niez pas, vous avez le 45 tours au
grenier.
Pour ceux qui étaient en taule ou pas
encore nés, ça faisait ça :
Et dire que l'on a payé pour acheter le single.
Plus tard, le mystère Xanadu s'est rappelé à moi avec le magistral Citizen Kane,
que j'avais vu un soir à la TV au ciné club de la 3, dont le manoir se nomme...Xanadu !
Dans le film, quand il fait mention du palais de Kane, une phrase bizarre est mentionnée.
C'est à 3'09'' du début de la vidéo qui suit.
Les initiés doivent sourire... Vous marrez pas, quand j'avais 20 berges le Net était l'apanage des seuls militaires.
Un jour, un bon ami, amateur de prog', me fait écouter un album de Rush dont l'un des titres
s'appelait...Xanadu.
P...ain ! mais c'est quoi ce truc !
Avec des allusions (dans ce que je pouvais capter) à un Pleasure dome et un Kubla Khan.
Y'avait vraiment un truc entre moi et ce fameux Xanadu.
Pour les amoureux de ce courant musical, que j'écoute encore avec un réel plaisir, cadeau :
1984... Sortie de l'album magistral "Welcome to pleasure dome" du groupe mythiqueFrankie goes to Hollywood(un des rares de l'époque que j'écoute encore). Le premier titre éponyme de l'album mentionnait, encore, un pleasure dome et Kubla Khan.
Le clip, juste pour le plaisir :
Hasard de l'existence, je vivais aux
Amériques à l'époque et enfin, tel le couvercle du coffre des pirates s'ouvrant, j'obtins la réponse.
À peine ai-je eu le temps de citer Xanadu, le dôme du plaisir et un certain Kubla Khan que ma "bonne amie" me sortit un grimoire du buffet et me lut :
(Les Gaulois descendent de quelques lignes, mais ceux qui captent un peu l'angliche, lisez à voix haute. Une fois, rien qu'une seule.
Envoûtant...)
In
Xanadu did KubIa Khan
A stately pleasure dome decree:
Where Alph, the sacred river, ran
Through caverns measureless to man
Down to a sunless sea.
So twice five miles of fertile ground
With walls and towers were girdled round:
And there were gardens bright with sinuous rills,
Where blossomed many an incense-bearing tree;
And here were forests ancient as the hills,
Enfolding sunny spots of greenery.
But oh! that deep romantic chasm which slanted
Down the green hill athwart a cedarn cover!
A savage place! as holy and enchanted
As e'er beneath a waning moon was haunted
By woman wailing for her demon lover!
And from this chasm, with ceaseless turmoil seething,
As if this earth in fast thick pants were breathing,
A mighty fountain momently was forced:
Amid whose swift half-intermitted burst
Huge fragments vaulted like rebounding hail,
Or chafly grain beneath the thresher's flail:
And `mid these dancing rocks at once and ever
It flung up momently the sacred river.
Five miles meandering with a mazy motion
Through wood and dale the sacred river ran,
Then reached the caverns measureless to man,
And sank in tumult to a lifeless ocean:
And `mid this tumult KubIa heard from far
Ancestral voices prophesying war!
The shadow of the dome of pleasure
Floated midway on the waves;
Where was heard the mingled measure
From the fountain and the caves.
It was a miracle of rare device,
A sunny pleasure dome with caves of ice!
A damsel with a dulcimer
In a vision once I saw:
It was an Abyssinian maid,
And on her dulcimer she played,
Singing of Mount Abora.
Could I revive within me
Her symphony and song,
To such a deep delight `twould win me,
That with music loud and long,
I would build that dome in air,
That sunny dome! those caves of ice!
And all who heard should see them there,
And all should cry, Beware! Beware!
His flashing eyes, his floating hair!
Weave a circle round him thrice,
And close your eyes with holy dread,
For he on honeydew hath fed,
And drunk the milk of Paradise.
En Xanadou, lui, Koubla Khan,
S'édifia un fastueux palais :
A l'endroit où l'Alphée, la rivière sacrée, se lançait,
Par des abîmes insondables à l'homme,
Vers une mer sans soleil.
Deux fois cinq miles de terres fertiles
Furent ainsi enclos de tours et de murailles :
Et c'étaient des jardins irisés de capricieux ruisseaux,
Où s'épanouissait l'arbre porteur d'encens ;
Et s'étaient des forêts aussi âgées que les collines,
Qui encerclaient dans la verdure les taches du soleil.
Voyez ! ce romantique et profond gouffre, ouvert
Au flanc de la verte colline, sous l'ombrage des cèdres
Lieu d'un charme sauvage ! et plus enchanté
Qui jamais sous la lune déclinante fût hanté
Par femme lamentant pour le démon qu'elle aime !
Et de ce gouffre, avec un bouillonnant tumulte,
Comme si la terre haletait lourdement,
Une puissante fontaine par instant jaillissait :
Et, parmi la ruée du flot intermittent,
D'énormes blocs sautaient comme la grêle bondissante
Ou comme le grain sec sous le fléau à blé :
Et, parmi l'éternel fracas des rocs dansants,
Par instant jaillissait la rivière sacrée.
Décrivant sur cinq miles de fantastiques méandres
A travers bois et vallon la rivière sacrée se lançait,
Puis gagnait les abîme insondables à l'homme,
Et se précipitait en tumulte vers l'océan sans vie :
Et, parmi ce tumulte, Koubla entendit au loin
Des voix ancestrales prophétisant la guerre !
La Demoiselle au Tympanon après
Dans une vision m'apparut :
C'était une fille d'Abyssinie,
Et sur mon Tympanon elle jouait,
En chantant le mont Abora.
Si je pouvais revivre en moi
Sa symphonie et sa chanson,
Je serais ravi en des délices si profondes,
Qu'avec musique grave et longue,
Je bâtirais ce palais dans l'air :
Ce palais de soleil ! ces abîmes de glace !
Et tous ceux qui entendraient les verraient là,
Et tous crieraient : Arrière ! arrière !
Ses yeux étincelants, ses cheveux flottants !
Tissez un cercle autour de lui trois fois ;
Fermez vos yeux frappés d'une terreur sacrée :
Il s'est nourri de miellée ;
Il a bu le lait de Paradis.
L'auteur ? Samuel Taylor Coleridge, figure emblématique de la poésie romantique anglaise.
Une vie quelque peu tumultueuse taquinant autant la Muse que l'opium.
Connu aussi pour la célébrissime Complainte du vieux marin.
La légende raconte que le grand Samuel eut en vision toute la saga de Xanadu, un poème en 300 vers, après une bonne dose d'opium, quand un créancier, "a person from Porlock", vint taper à sa porte pour une sombre affaire d'impayé.
Bref, après avoir refermé sa porte, ben, Samuel ne put qu'en écrire 54, de vers je veux dire, un des plus grand ratage de l'histoire de la littérature.
Aut' chose ?
Xanadu est devenu un véritable mythe, il suffit d'aller voir la liste des homonymes sur Wiki : http://fr.wikipedia.org/wiki/Xanadu , et
encore cela est loin d'être exhaustif.
Cherchez vous même.
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C'est la nouvelle série qui passe sur Arte
le samedi soir qui est à l'origine de ce billet.
Bien que littéraire, je m'ap ...