Epistolaire / merci !

Publié le par Fab

J'ignore qui est le contributeur, mais le commentaire à mon dernier billet, m'a  vraiment scotché...

Je connais André Comte-Sponville, mais pas l'extrait qui m'a été livré.

Un beau moment d'émotion que je me permets de faire partager avec ma communauté de lecteurs, je remonte donc le commentaire en billet.

Si tu fais partie de ma communauté restreinte, tu disposes de mon adresse courriel, donc ...

Sinon, merci l'inconnu(e).

Je cite :

Nos lettres nous ressemblent, pour peu que nous le voulions, et même, parfois, quand nous ne le voulons pas. 
Fragiles comme nous. 
Dérisoires comme nous. Belles, parfois. 
Pauvres et précieuses, banales et singulières, presque toujours. 
Un peu de notre âme est glissé là, dans la minceur d’une enveloppe. 
Un peu de notre vie, dans la folie du monde. Un peu de notre amour, dans le désert des villes.
Pourquoi écrit-on une lettre ? 
Pour habiter ensemble l'essentielle solitude, l'essentielle séparation, l'essentielle et commune fugacité. 
Pour décrire le temps qu'il fait, le temps qui passe. Pour raconter ce qu'on devient, ce qu'on est, ce qu'on attend. 
Pour dire la distance, sans l'abolir. Le silence, sans le corrompre. Le moi, sans s'y enfermer. Cela ne tient pas lieu de parole. Cela ne tient lieu de rien. 
Et rien non plus n'en tient lieu : les vraies lettres, celles qu'on aime recevoir, sont gratuites et irremplaçables, comme la vie, comme l'amour, comme un cadeau, et c'en est un.

André COMTE-SPONVILLE, Impromptus, 1996.

Ecrivez, bordel !  C'est une des rares choses qui suscite un sourire à nous-mêmes, nous donne un bonheur partagé et nous fait  penser longtemps à celui qui va nous lire.

Banse son : Niagara / Soleil d'hiver 
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Publié dans Arts et culture

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