Saul Alinsky / Organisation, action & éthique.
Un drôle de bonhomme ce soir au menu, vous aller voir...
Rien à envier aux stratèges chinois (filez lire Made in China 3)
Mes collègues qui me lisent apprécieront la "puissance" du mec, en tant qu'organisateur, of course.
Son oeuvre fut le sujet de thèse de fin d'études d'une certaine Hillary Diane Rodham étudiante en socio, mais oui, c'est bien "elle".
Quant au Barack , Hillary dit perfidement qu'il aurait un peu beaucoup "pompé" son programme sur Alinsky, notamment le concept de "démocratie participative", rassurez vous, ça pas été le seul...
Jeux de miroirs...
C'est une de ses règles tactiques d'ailleurs que de discréditer l'adversaire, mais là j'anticipe.
On y va ?
J'ai découvert le personnage par ses10 règles tactiques* (en vérité 13 ), citées laconiquement dans un bouquin de Bernard Werber, une de "ses" Fourmis je crois, ouvrages où il incrustait - et le fait encore- des extraits interchapitres de l'ESRA d'Edmond Wells.
Et puis c'est tout.
On était en 1991, l'accès à l'info et sa circulation...
J'ai enfin trouvé des pages internet qui lui sont consacrées, petit résumé synthèse donc.
Ne cherchez pas ses livres en français, rien n'a été édité depuis 35 ans, étonnant non ?
Boncékissmec ?
Je vais citer Wiki, corrigé des deux-trois bourdes habituelles :
Saul David Alinsky (1909 - 1972) était un sociologue américain, considéré comme le père de l'organisation communautaire.
Après des études d'archéologie et de criminologie, il étudia les fondements de la mafia italo-américaine.
Alliant étude et pratique sur le terrain, il se consacra ensuite à l'émancipation et la prise en mains par eux-mêmes des habitants des quartiers les plus pauvres de Chicago ce qui le rendra célèbre.
Sa méthode inspira de nombreuses formations d'organisateurs communautaires aux États-Unis. Il forma nombre d'entre eux dans l'IAF (Industrials Areas Foundation) qui enseigne comment tout "conflit" peut être source d'empowerment pour ses militants ou participants au mouvement.
Il écrira un ouvrage phare : "Rules for radicals" en 1971 traduit en "Manuel de l'animateur social" (épuisé).
What else ?
Un sucre George, merci.
Ce que j'ai pu lire en VO le concernant, fait état d'un sens profond de l'analyse doté d'un solide sens de l'organisation et de l'humour.
Sa démarche se démarque franchement des mouvements sociaux, politiques ou syndicaux de "l'Ancien monde".
Ce mec en Russie ? Les cocos seraient au pouvoir pour 3 siècles encore...
Maintenant, séquence pompage.
Je vais longuement citer, j'ai simplement adapté la traduction qui était un peu mot à mot, la page d'un garçon qui a fait une excellente fiche de lecture de son ouvrage cité supra.
Son site est ici : http://www.rhone-alpes.centres-sociaux.org/spip.php?article38 et il s'appelle François Vercoutère.
Ne vous donnez pas la peine de chercher autre chose de consistant sur Google en french, tout le monde a copié là dessus sans avoir la correction de citer la source.
Manuel de l’animateur social - Fiche de lecture
1° le débat entre fins et moyens
La question "la fin justifie-t-elle les moyens ?" n’a pas de sens en soi.
Les populations n’ont pas toujours le choix des moyens dans une lutte.
La question de la moralité des moyens peut être un prétexte à ne pas agir.
Série de règles se rapportant à l’éthique de la fin et des moyens :
1ère règle : L’importance que l’on attache à l’éthique de la fin et des moyens est inversement proportionnelle aux intérêts que nous avons dans l’affaire.
2ème règle : L’éthique de la fin et des moyens varie selon les positions politiques de ceux qui se posent en juges.
3ème règle : En temps de guerre la fin justifie n’importe quels moyens.
4ème règle : On ne doit jamais juger de l’éthique de la fin et des moyens en dehors du contexte dans lequel se passe l’action.
5ème règle : Le souci de la morale de la fin et des moyens augmente avec le nombre de moyens disponibles et vice versa. "Pour moi (Saul Alinsky) la morale consiste à faire ce qui est le mieux pour le maximum de gens".
6ème règle : On aura d’autant plus tendance à évaluer les critères moraux des moyens que la fin est moins importante.
7ème règle : D’une façon générale, le succès ou l’échec constituent un facteur déterminant de la morale. C’est ce qui fait toute la différence entre le traître et le héros. Un traître qui réussit ça ne s’est jamais vu. S’il réussit ce n’est plus un traître mais un père fondateur.
8ème règle : les critères moraux des moyens varient selon que ces derniers sont utilisés à une époque de défaite ou de victoire imminente. "Le même moyen employé à un moment où la victoire semble assurée peut être considéré comme immoral, alors qu’utilisé dans des circonstances désespérées, afin d’éviter le pire, la défaite, la question de moralité ne serait pas soulevée."
9ème règle : Tout moyen qui s’avère efficace est automatiquement jugé immoral par l’opposition.
10ème règle : Vous devez tirer le meilleur parti de ce que vous avez et habiller le tout d’un voile de moralité.
11ème règle : Les objectifs définis doivent prendre la forme de slogans très concis et généraux. L’histoire est faite d’actions qui permettent à un objectif d’en déclencher un autre.
2°. La formation de "l’organisateur " :
Qualités intrinsèques du bon organisateur :
Curiosité - Irrévérence - Imagination - Sens de l’humour - Pressentiment d’un monde meilleur - Une personnalité organisée - Schizophrénie politique bien intégrée - Ego solide - Un esprit libre et ouvert.
3°. Les tactiques de l’organisateur :
1° règle : Le pouvoir n’est pas ce que vous avez, mais ce que votre adversaire croit que vous avez.
2° règle : Ne sortez jamais de votre champ d’expérience
3° règle : Sortez du champ d’expérience de votre adversaire chaque fois que c’est possible. Car chez lui c’est la crainte, la confusion, l’abandon que vous voulez provoquer.
4° règle : Mettez l’ennemi au pied du mur de ses propres déclarations morales.
5° règle : Le ridicule est l’arme la plus puissante dont l’homme dispose. Si on arrive à ridiculiser l'ennemi, mieux, à le contraindre à se ridiculiser tout seul, il lui deviendra très diifficle à reprendre l'avantage.
6° règle : Une tactique est bonne si vos alliés ont du plaisir à l’appliquer.
7° règle : Une tactique ne doit jamais devenir une routine. Surtout lorsqu'elle marche. Pensez à en changer.
8° règle : Maintenez en permanence la pression. Votre adversaire ne doit jamais avoir aucun répit.
9° règle : La menace effraie généralement davantage que l’action elle-même. Mais ne bluffez donc jamais si vous n'êtes pas capable de passer aux actes.
10° règle : Le principe fondamental d’une tactique, est que les événements évoluent de façon à maintenir, sur votre adversaire, une pression permanente qui le poussera à l'action et partant à la faute.
11° règle : Tirez parti de vos handicaps, faites en une force et non pas une faiblesse.
12° règle : La victoire ne sert à rien si vous n'avez pas une solution de rechange toute prête et constructive.
Vous ne pouvez vous laisser prendre au piège par votre adversaire qui brusquement virerait de bord et accepterait de satisfaire à vos revendications en vous disant :"nous ne savons pas comment régler ce problème dites-nous comment faire".
13° règle : Choisissez une cible, la plus petite possible, figez là, personnaliser là et polariser sur elle au maximum.
Je décline toute responsabilité si votre épouse demande le divorce, si votre patron se suicide, ou si vous finissez avec du 38 spécial dans le crâne...
* NDR : les éléments biographiques cités dans l'article qui se trouve dans les "Fourmis1" sont truffés d'erreurs, vite fait, mal fait ...