Otium cum Dignitate / Nobles loisirs

Publié le par Fab

Ce qui suit est la campagne de pub (2007-2008)  d'une société germanique de travail temporaire.

Ce qui est "amusant" est que j'ai trouvé ce truc alors que j'achève de lire un pamphlet sur la duplicité et l'ambition manipulatoire du discours managérial et par incidence politique, que l'on nous sert à longueur d'émissions TV ou radio ou encore durant  les  "séminaires d'entreprise" (ceux qui comme moi, bossent dans une "World company" comprendront).

Il me revient à ce titre mes souvenirs de lectures latines, et comment les Anciens considéraient le labeur.

Je cite texto l'encyclopédie de l'Agora, je ne vais pas non plus réinventer l'eau chaude.

"Les anciens Romains, imitant en cela les Grecs, divisaient la vie en deux zones. Ils appelaient la première otium. Ce mot qu'il convient de traduire par loisir ne signifie toutefois pas absence de travail, mais occasion de s'occuper de ce qui est proprement humain: la vie publique, les sciences, les arts.
La seconde zone, caractérisée par les efforts nécessaires à la satisfaction des besoins vitaux - et pour rendre ainsi possible l'otium - les Romains l'appelaient negotium (nec, otium), indiquant par là le caractère négatif de ces activités par rapport à celles qui portent sur les choses proprement humaines. On aura reconnu notre mot négoce dans le mot negotium".

Ce que ne dit pas l'article, c'est qu' Aristote considérait le "nec-otium" (je sais, il parlait grec ;-) )  juste bon pour les esclaves, un citoyen bien né ne saurait s'abaisser à faire ces viles choseset que travail vient de tripaliare, soit tourmenter, torturer.

Ce n'est que "récemment" dans notre Histoire, que le travail est devenu une vertu et une fin en soi.

Va parler de bosser à un hobereau  du Poitou du XVIIème...

Souvenez-vous du mépris dans lequel était confiné la bourgeoisie et son pognon, relisez  le "Bourgeois gentilhomme" par exemple.

Les historiens s'accordent pour voir le point de bascule avec la montée du puritanisme, jeansénisme, etc.,  et de l'émergence de la pensée économique dite "classique", Adam Smith and co pour faire simple, soit fin XVII ème début XVIII ème.

Époque coïncidant avec la montée en puissance de la bourgeoisie capitaliste moderne, tout du moins en Grande-Bretagne, la société française, plus rurale, s'y mettra sérieusement à la Restauration..

L'exécration du travail par la noblesse aura raison d'elle, adieu les Libertins, bonjour les Jacobins !

Fin XXème, le travail devient l'alpha et l'oméga de la "réussite"  et de son accomplissement en tant qu'être.

J'élude, y'a plein de bonnes pages sur le net là-dessus.

La gueule de mon responsable quand j'ose dire que ma vie est "ailleurs"...

Je vous laisse méditer et savourer cette campagne de pub qui nous change des "bonhommes Manpower" des années 80.

Les créatifs allemands auraient-il lu les Anciens ou vu Chaplin ?

Ah, un dernier point pour les gaulois, le slogan dit  : "La vie est trop courte pour prendre un mauvais job"








































Et pour finir, l'entrée de leur salon de l'emploi.

Sur la fesse droite, c'est marqué : "Il y a d'autres moyens pour faire carrière".

Allez demain c'est lundi ...


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Publié dans Société

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P
"(ceux qui comme moi, bossent dans une "World company" comprendront)"Une World Company où c'est nous qu'on a les b.........
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