Ken Grimwood - Replay

Publié le par Fab

À L... pour cette découverte.


 

C'est en chargeant y'a quelques semaines le court métrage (si  métrage a encore un sens  de nos jours) "Dans la tête " que je me suis dit qu'il fallait bien un billet sur un bouquin qui ne quitte pas depuis un bail.

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Présentation d'un OVNI littéraire (je sais, un autre) qui ne pourra que vous séduire.

Repaly est sorti en 1986 (1988 en France), cela fait 10 ans que je me le relis à intervalles réguliers.
Et à chaque fois la lecture que j'en fais change. 

Pourquoi ?

Eh bien, même si au point de vue littéraire pur, on a vu mieux, il est pour moi, l'illustration parfaite de ce qu'a écrit un jour Marcel Proust :

 "Ce que je reproche aux journaux, c'est de nous faire faire attention tous les jours à des choses insignifiantes, tandis que nous lisons trois ou quatre fois dans notre vie les livres où il y a des choses essentielles."
 


Je me tape la presse économique tous les jours...


Comme dans les magazines, je vais commencer par la quatrième de couverture.

" En ce 18 octobre 1988, Jeff Winston se trouve dans son bureau new-yorkais, et écoute sa femme lui répéter au téléphone:
- Il nous faut, il nous faut...
Il leur faudrait, bien sûr, un enfant, une maison plus confortable.
Mais surtout parler. A coeur ouvert.
Sur ce, Jeff meurt d'une crise cardiaque.
Il se réveille en 1963, à l'âge de dix-huit ans, dans son ancienne chambre d'université. Va-t-il connaître le même avenir ?
Non, car ses souvenirs sont intacts.
Il sait qui va gagner le prochain Derby, et ce qu'il en sera d'IBM et d'Apple...
De quoi devenir l'homme le plus puissant du monde, jusqu'à sa deuxième mort, et qu'une troisième, puis une quatrième vie commencent..."


Ce qui arrive à Jeff, nous l'avons tous rêvé un jour : revivre sa vie et utiliser au mieux cette "deuxième chance"..
Faire les choix essentiels que l'on découvre parfois bien tard. 

Suivant l'exemple de Faust, Jeff va vivre son premier "replay", appelons le ainsi, en bâtissant une fortune colossale.

Cela commence par deux trois paris sur des courses de chevaux dont il se souvient puis continue par des investissements dans des trucs obscurs pour les années 60-70  tels qu'IBM ou Apple.


()
Vous vous rappelez de Forrest Gump qui croit avoir investi dans une plantation de fruits à la lecture d'un courrier d'Apple ?



Je pense que le scénariste a du lire Replay...
Fin de ()


Indépendamment de la fortune, Jeff va vouloir "corriger" un peu l'histoire.
Et c'est là, que le bouquin sort de la thématique archie connue du voyage dans le temps.
Les actions de Jeff n'auront qu'une influence limitée sur le cours de "notre" histoire.

Ainsi, si sa lettre de dénonciation au FBI enverra bien Lee Oswald sous les verrous avant le meurtre de J F Kennedy, un obscur inconnu abattra cependant le président à Dallas le 22 novembre.

De même, en allant "revoir" Linda, son épouse, le jour de leur première rencontre, cette dernière n'aura que dédain pour ce riche parvenu qui tente, bien maladroitement,de la séduire. 
 
Rassurez-vous, l'amour viendra, mais pas là où on l'attend.

Ce qui me plaît encore dans ce livre ?

C'est la tonalité différente de chaque replay, - Jeff revient toujours en 1963 et n'a que 25 ans devant lui, et l'on partage avec lui cette lassitude qui l'envahit peu à peu, après avoir "tout" essayé : le libertinage, la vie "pépère" et sans histoires que nous menons (presque) tous, la réclusion volontaire en Alaska jusqu'au jour où, en descendant au village faire deux trois courses, il tombe sur l'affiche d'un film qui...

Mais là... à vous de lire la suite.

Je vais conclure en vous citant l'une des dernières pages du livre :

"Une seule chose comptait : le quart de siècle (à peu près) qu'il lui restait à vivre.
Il le vivrait comme il le déciderait et dans son propre intérêt. Rien ne se passerait avant cela : ni le travail, ni les amitiés, ni les relations avec les femmes. Ces choses là faisaient partie de sa vie, en étaient des composantes précieuses, mais elles ne la définissaient pas, ne devaient pas la diriger. Sa vie dépendait de lui, et de lui seul.
Les possibilités étaient infinies et il le savait."

Un dernier point, l'auteur Ken Grimwood, est parti, bien tôt, faire je l'espère, son replay en 2003.
Il a été l'homme d'un livre, mais quel livre !

Bonne lecture à vous tous et toutes.



Bande son : The Carpenters -
Close to you  un vieux truc spécial "nostalgie", l'article s'y prête, je pense.


 

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Publié dans Littérature

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