Bulles, Cycles et Crises / Approche inductive et matheuse

Publié le par Fab

Reprise du blog après quelques semaines intenses à l'usine.
Ah ! ... Les bilans annuels, avec des vrais morceaux d' Excel et de Powerpoint dedans, mais je m'égare.
On disait quoi déjà ?

Billet impulsé après la lecture de la dernière livraison de Friggit, ce brouillon d'article traînait depuis des semaines.
Il fallait un facteur déclencheur : "Paris" vient d'atteindre son point d'inflexion.
Ben voilà, ça c'est fait !
Benkicéfriggit  et y'a quoi sur Paris?
Réponse quand tu m'auras lu ami (e) lecteur (trice).

J'avais abordé rapidement le sujet il y a presque... un an ! Pfiou ! Tempus fugit...
La notion de bulle spéculative pour ceux qui débarquent ici, - soyez les bienvenus au passage.


De multiples auteurs se sont penchés sur ce phénomène assez fascinant.
Car il faut bien comprendre que tout le monde peut le voir quand il se déroule et pourtant telle la bulle de savon nul ne la remarque quand il se trouve à "l'intérieur" de celle-ci.


Expert en économie (photo d'enfance)

Qu'à chaque fois, la bulle éclatée, moults experts et Diafoirus vont expliquer le pourquoi du comment, quand ce n'est pas pour vous faire le coup du "Je vous l'avais bien dit !" (personne ne vérifiant ce point, ils auraient tort de ne pas l'utiliser tous les 3 mois).

 A force de retourner le truc, pour tenter de comprendre et d'anticiper un peu pour mes propres thunes, il m'est revenu, outre ce qu'il y a dans ma pile de 2,50 m de docs et coupures de presse entassés dans mon bureau, et qui fait hurler mon épouse, mes lointains cours de bio et de maths/stats (mon parcours d'étude fut un peu "space").

Tiens, comme ça, en passant, allez donc voir les cours de l'or.

Pour la faire courte, je vous livre ce soir mon approche toute perso du typhon force 12 qui se pointe au large de nos côtes financières et économiques.

Rassurez-vous, rien de "hard", aucun économiste n'a dépassé le niveau d'une bonne terminale C au point de vue maths, fut-il un prix Nobel.
D'ailleurs,
il n'y a pas de Nobel en économie à proprement parler.
Mais une belle équation différentielle, ça en "jette" toujours, surtout si ton interlocuteur est un ministre qui a séché le cours lors de son passage à  l'IEP ou à l'ENA.
Je plaisante à peine.



La crise donc.

Le mot "crise" aura été le n° 1 au top 10 des mots de l'année 2008.
Je le vois aussi en bonne place dans celui de 2009, challengeant au passage ses rivaux qui seront : récession,
croissance négative (sic Mme Lagarde, à quand l'eau sèche ?), chômage, 1929 (en plus ça rime cette année) ou bien encore  lynchage de traders, mais là je rêve.
 
( )
Le mot "crise" tiens.

A l'origine, ce mot nous vient du registre médical, il serait apparu vers le XIV ème.
C'est au XIX ème qu'il prend son sens plus commun, s'appliquant au politique, diplomatique ou encore... à l'adolescence !

Une définition qui en vaut une autre :

Ensemble des phénomènes pathologiques se manifestant de façon brusque et intense, mais pendant une période limitée, et laissant prévoir un changement généralement décisif, en bien ou en mal, dans l'évolution d'une maladie.

Brusque, intense et de période limitée...

Depuis mes années collège que je vis dans un monde "en crise".

Pensez donc au pourquoi de ce glissement sémantique.

Slogan & réalité...

Fin de la ( ).


Si on se réfère aux vraies crises, on peut les schématiser brutalement par une "Gaussienne", la célébrissime courbe en cloche que l'on rencontre dans nombre de distributions statistiques ou les phénomènes dynamiques.

Que les matheux me pardonnent, je sais que certaines courbes, concernant les crises financières tiennent plus des fonctions "puissance " inverse de degré n (n>1), voire des exponentielles pures, mais mon approximation satisfera pleinement aux besoin de la démo, et puis d'abord j'ai jeté mes cours depuis un bail, et puis on s'en f... un peu, non ?

Des exemples ?

La répartition du Q.I, l'évolution d'une épidémie de grippe ou les émeutes en banlieue.




La valeur du QI, c'est votre écart à la médiane, qui est de valeur 100.
Si vous "tirez" un 130-140 , c'est déjà une très belle perf'.
Imaginez un instant la vie des gamins qui scorent à 160, il y en a.
Des aliens chez les humains...
Une malédiction plus qu'autre chose.
















C'est l'évolution du nombre de cas de grippe aux USA durant le dernier hiver. Navré, rien trouvé dans les sites de nos ministères de chez nous. Elle n'en f... vraiment pas une la Roselyne.
























Pur mauvais esprit. En rouge le nombre de véhicules brûlés durant novembre 2005.
En bleu, les interpellations.
Pas très virulents les keufs.
Mais au fait, qui était Ministre de l'Intérieur à cette époque ?
 








 


Juste pour info, et après je n'y reviens plus, ces courbes sont d'équation cartésienne de la forme :




Le seul truc à retenir c'est que X étant porté au carré, cela induit forcément une symétrie de la courbe.
 (pour rappel -2 ² ou 2 ² ça fait toujours 4, OK ?).

Merci pour le cours, monsieur le bloggeur, mais le rapport avec la choucroute ?

J'y arrive.


 Purement empirique, mais on constate que nombre de phénomènes paroxystiques ont un comportement dans le temps les faisant s'incrire assez bien dans une "gaussienne"

Quelques graphiques pour illustrer mes propos :

Évolution des terres conquises par Napoléon (c'est "empirique" au dessus, qui m'y a fait penser).

Deux cas extrèmes encore, constatez la symétrie de temps et d'amplitude.



Ceci est l'historique des actions de la Compagnie des Mers du Sud.

Un des plus gros scandales de l'histoire de la Couronne britannique.

C'est la référence à ne jamais citer à un opérateur de marché, un "traideur" comme on dit de nos jours.

Près de deux siècles pour apaiser le feu aux joues de la claque financière reçue à l'époque.


Lisez le bon article de wiki à ce sujet, il devrait résonner étrangement dans vos esprits.










Et pour finir, l'incontournable, la hors-limite, la star universellle : la tulipomania hollandaise.



Notez bien que l'échelle est logarithmique, en échelle aritmétique il faudrait une page entière pour éditer le graphique.

Enfin, pour le coup, c'est une belle courbe exponentielle et non plus une gaussienne : "ça" tient de l'asymptote et puis après c'est la chute libre.

Premier exemple de ce que peut donner un marché d'options à terme totalement hors contrôle.

Le truc a été énorme pour l'époque, mais il n'a eu, contrairement à la Compagnie des mers du Sud, qu'un impact limité sur l'économie "réelle", de par le nombre relativement restreint d'intervenants.

Je constate que la VF de
l'article de wiki tient enfin la route, vous pouvez y faire un tour.









Fin de la page histoire.

Retour à l'actualité.

Monsieur Friggit donc.
Jacques Friggit est un économiste reconnu pour son travail sur les cycles immobiliers.
Toutes ses études sont mises à jour (gratuitement) tous les trimestres,
c'est ici.
Télécharger le premier dossier : "Graphiques sur longue période"

Le graphique le plus parlant est le suivant :






Quelques explications pour les traumatisés des maths et des stats.

Il ya quatre courbes: Paris en rouge, IdF en rose, Province en bleu et France en noir.
Les marchés ayant, jusqu'en 2000 évolué différemment.
Ces courbes sont calculées en fonction de l'indice du prix du logement par rapport au revenu disponible par ménage.
Pour qu'un marché soit sain, il faut que la solvabilité des acquéreurs soit stable et surtout significative.

Ce graphique permet simplement d'évaluer l'effort financier à consentir pour devenir P-R-O-P-R-I-E-T-A-I-R-E.

Hé, les boomers, vous voyez, c'était pas trop dur en 1970, notez maintenant les efforts que doivent consentir vos enfants. 


Le concept de "tunnel"  de Friggit

L'analyse de l'évolution des prix de l'immobilier  montre qu'il existe  une "bande" dans laquelle évolue très souvent le rapport "prix immobilier / revenu des ménages" : c'est ce qui est couramment nommé le tunnel de Friggit.

Toute sortie de ce tunnel de Friggit par le haut montre le développement d'une bulle immobilière.
Et celui qui me dit : "Cette fois-ci, c'est différent" va se faire sortir du blog.

Les courbes de l'immobilier parisien démontrent ainsi l'ampleur de la bulle immobilière de 1991, et sa correction brutale, longue et inévitable qui en a suivi.
En 1991, la dé-corrélation entre le marché immobilier à Paris et le marché immobilier de province est remarquable et permet d'expliquer pourquoi la crise immobilière de 1991 n'a touché majoritairement que la capitale.

Times have changed.
Le phénomène est devenu national, euh... mondial ?

Mes parents/amis provinciaux ne me croyaient pas quand j'exposais mes raisons de rester locataire sur Paris, je n'ai acheté qu'en 95.
En 90 je ne pouvais même pas me payer un box de parking, quant au taux du crédit, on tapait dans les...11-12 % !
Cela a finit en divorce et ruine pour certains de mes collègues/copains de promo qui avaient franchi le pas dans ces années là.
Passer 20 ans à se sacrifier pour un tas de briques, il y a mieux comme projet de vie.

Pour revenir à la sortie du tunnel.
C'est près de 40 % de baisse qu'il va falloir engranger ces prochaines années pour y retourner dans le tunnel.
Ben ouais, la fameuse règle de symétrie avec laquelle je vous gave depuis le début de billet.
Aïe, aïe, aïe !

Zoomons maintenant sur la courbe.


T3, c'est le troisième trimestre.
Les données sont donc à fin septembre.

Pas très frais, j'en conviens, mais ce n'est pas du pipeauté, Les stats de M. Friggit sont on ne peut plus officielles.

Eh oui, même à Paris le point d'inflexion est franchi.

Les dernières données dont je dispose m'indiquent une légère embellie en janvier.

Ultimes soubressauts sur un marché en contraction de volume.

Allez voir les stats de Friggit sur le nombre d'hypothèques en 2008.


Ah, j'allais oublier, chez nos voisins c'est comment ?

Ceci est l'indice officiel états-unien, le "Case-Shiller", un peu comme le Dow jones pour la bourse.

Chez Uncle Sam, "nous" sommes revenus au niveau de 2004.

Remarquez au passage le belle gaussienne qui se dessine.

Normal, les yankees ont pris deux ans d'avance.




Et nos amis Anglais, qu'on va, j'espère, ratatiner au rugby ?



Il y a deux indices en UK, j'ai oublié le pourquoi du comment, mais cela est accessoire.

Ben, franchement, ça craint aussi.

Le plus inquiétant , c'est la rapidité de la baisse, le point d'inflexion a été franchi au même moment que chez les "bérets-baguettes", la courbe noire, mais remarquez l'allure de la pente, une vraie descente de super G.

Pour l'Espagne, navré, mais rien trouvé de fiable.

Je pense sérieusement qu'il n'ont jamais eu de stats fiables, ou alors que les vraies sont devenues le "X file" local.

"La vérité est ailleurs, Scully"

Si quelqu'un a trouvé.

J'achète.





Bande son : Goldfrapp - A & E (du léger pour se détendre et en plus, elle est jolie, clip en lien direct

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Publié dans Economie

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