Des sous et des hommes 4 / Alerte météo mondiale 2
On continue.
Ceux qui ont raté le début, c'est ici : Alerte météo 1
-2) Welcome à Flouzeland / Tout le monde est riche !
Bon qu'est-ce qui se passe après ?
Les bourses vont entamer une bonne purge, les indices vont être au plus bas et revenir à l'été 2002 à leur niveau de 1998.
Illustration en images ici : graphique historique Dow jones
Et puis, le temps que ça se calme, une nouvelle bulle va apparaître et puis d'autres, on est dans une vraie "mousse" à l'heure actuelle, du jamais vu, inouï !
Mais là, j'anticipe...
( Petite parenthèse
Les "bulles" (sujet en cours) existent depuis la sortie de l'économie médiévale en Europe, depuis notre première "mondialisation" en quelque sorte (1492, ça te cause ?).
Création monétaire "illimitée" (l'or des Amériques), flux marchands mondiaux, guerres multiples à financer ...
Troublant, non ?
La première et la plus célébre est celle de la "tulipomanie" qui a "frappé" les Hollandais vers 1625-1637.
Lisez l'article en lien et faites un tour sur le net, vous allez proprement halluciner par les chiffres cités.
Le mécanisme des bulles tient plus de la psychologie des foules que de l'économie.
- "Pourquoi un "truc" atteint des prix vertigineux d'un seul coup, comme ça ?"
- "Ben, parce que tout le monde en veut en même temps, pas compliqué à saisir"
- "Oui, mais pourquoi tout le monde...."
-"File dans ta chambre !"
Lisez à l'occase l'excellent bouquin de Galbraith : "Brève histoire de l'euphorie financière", il est de ...1992 ! et ça résonnera bizarrement dans votre crâne.
Pas le temps, trop cher ? Lisez au moins la synthèse (cliquez sur le lien précédent).
Des bulles, y'en a une tous les 10-15 ans, qui est le temps, comme dit Galbraith, pour que la "mémoire financière" s'estompe.
Dit autrement, le temps que tes fesses refroidissent après la déculottée que tu as ramassée.
Fin de la parenthèse. )
Donc, on recentre et on résume.
Le fric ne coûte rien à emprunter, il faut être patriote et ne pas se laisser miner par le 9/11, l'internet ça schlingue, donc, donc, donc....
Next target to shoot : Real estate ! - Prochaine cible : L'immobilier !
Pourquoi de l'immobilier ?
- parce que ça ne peut pas être importé, donc pas de menaces venant des bridés avec leurs ouvriers payés en bol de riz,
-c'est rassurant, c'est concret, c'est familial, on sort du 11 septembre et du carnage de la "nouvelle économie" (MDR), je vous rappelle,
- ça draîne un paquet de fric monstre (tu investis tes économies en bourse, tu empruntes pour payer ta maison, on change d'échelle, tu commences à saisir ?)
- accessoirement, ça "calme" les tensions et revendications sociales, tu fais moins la princesse à ton boulot quand t'en as encore pour 20 ans de traites. Mais ça, c'est mon analyse perso et mon vieux fond anar' qui ressurgit.
En fait, cela s'est déclenché un peu plus tôt, mais comme tout le monde regardait le doigt, personne n'a vu la lune.
Le précédent krach immobilier (climax vers 1991) commençait à s'estomper (le souvenir de la fessée), et conjointement à la bulle internet, il y a eu une très forte demande en immobilier.
Pourquoi ? Cela peut prêter à sourire, mais c'est vrai, les dizaines de sociétés de la "nouvelle économie" (MDR) avaient besoin de petits locaux et ont investi les centres villes en Europe (à Paris c'était dans le Sentier), la Californie, l'Ohio, ou New-York pour les Sates.
Les cadres qui avaient un peu de blé et des gosses se sont lancés à leur tour.
Les pappys boomers, arrivant à l'âge de la retraite, ont cherché le soleil pour cultiver leur carcinome et ont revendu leurs apparts en centre ville 3 fois son prix aux précédents, et ça a "marché".
Cela n'explique pas tout, mais ça a fait catalyseur, comme en chimie.
D'un coup, les grands blancs, attirés par l'odeur du sang sont venus.
La suite est banalement simple : cupidité et esprit de lucre ont fait le reste, encore que, je vais y revenir.
Deux graphiques :
Le premier, c'est la France, Paris est en rouge, le premier pic c'est 1991, la montagne russe c'est aujourd'hui.
Constatez que contrairement à 1991, la France entière suit le mouvement, le phénomène n'est plus le fait des seuls promoteurs, mais des ménages.
Je salue ici l'excellent boulot de M. Friggit, économiste français qui tient ces graphiques à jour gratuitement.
Tous ses tableaux sont ici : http://www.adef.org/statistiques/, cliquez sur les liens de la page, tout est en Word pleine page.

Le deuxième, il est US, presque à mettre dans ma rubrique "No comment !".
La zone grise claire commence en 2000, le sommet, c'est 2006, vous comprenez, 2006...
Vous l'avez en grande taille ici, ça vient du New york Times, pas d'un site conspirationiste :
http://www.nytimes.com/imagepages/2007/09/23/weekinreview/20070923_BAJAJ_GRAPHIC.html

Cette envolée immobilière va créer de la "richesse".
Comment peut-on créer de la richesse avec des barraques ?
Une maison c'est une maison, et logiquement, comme pour les voitures, plus c'est vieux (je retire les manoirs anglais ou Versailles) moins ça doit être cher.
La demande, la demande,coco, pas dur, la demande, si tout le monde est persuadé que la maison qui fait 100 ce jour, en vaudra 150 demain car tout le monde en veut, ça fonctionne.
Tout le monde se croit riche, croire, c'est l'essentiel.
Des économistes parlent de prophéties "auto-réalisatrices", c'est dire...
"Je crois que ça va monter, alors j'achète, mon voisin qui me voit acheter achète aussi et ça monte !"
Imparable.
Et, là c'est magique, tu roules en 4x4 (coréen), tu as un écran plat (chinois), tu pars en vacances (à l'étranger), Pas grave, no problemo, dans 3 ans je revends le double.
Et ça peut durer longtemps ainsi, longtemps, j'ai dit, pas toujours.
Un dernier graphique :
En bleu, le taux de croissance déclaré du PIB des USA (GDP en VO), en rouge, toujours le même taux de croissance du PIB mais en retirant la part de l'immobilier.
Voici sur quoi repose le modèle anglo-saxon (en Angleterre, c'est pareil, en Irlande c'est pire) que l'on nous cite en exemple.
Regadez avant 2001 et après, et remontez voir le graphique précédent, Ah ! les c... !

Ne riez pas chez nous c'est pareil, mais je n'ai simplement pas trouvé de graphique.
Sachez simplement que de 1998 à 2006, la croissance du PIB français a été de 30 % pendant que l'immobilier augmentait de 120 %.
La réponse est dans le pourquoi.
La vérité est ailleurs...
Fin de l'épisode.
Volet 3 : Le Bon, la Brute et le Truand.
Bande son :
Prefab Sprout /Jordan : the comeback
Stravinsky / Le sacre du printemps
Ceux qui ont raté le début, c'est ici : Alerte météo 1

-2) Welcome à Flouzeland / Tout le monde est riche !
Bon qu'est-ce qui se passe après ?
Les bourses vont entamer une bonne purge, les indices vont être au plus bas et revenir à l'été 2002 à leur niveau de 1998.
Illustration en images ici : graphique historique Dow jones
Et puis, le temps que ça se calme, une nouvelle bulle va apparaître et puis d'autres, on est dans une vraie "mousse" à l'heure actuelle, du jamais vu, inouï !
Mais là, j'anticipe...
( Petite parenthèse
Les "bulles" (sujet en cours) existent depuis la sortie de l'économie médiévale en Europe, depuis notre première "mondialisation" en quelque sorte (1492, ça te cause ?).
Création monétaire "illimitée" (l'or des Amériques), flux marchands mondiaux, guerres multiples à financer ...
Troublant, non ?
La première et la plus célébre est celle de la "tulipomanie" qui a "frappé" les Hollandais vers 1625-1637.
Lisez l'article en lien et faites un tour sur le net, vous allez proprement halluciner par les chiffres cités.
Le mécanisme des bulles tient plus de la psychologie des foules que de l'économie.
- "Pourquoi un "truc" atteint des prix vertigineux d'un seul coup, comme ça ?"
- "Ben, parce que tout le monde en veut en même temps, pas compliqué à saisir"
- "Oui, mais pourquoi tout le monde...."
-"File dans ta chambre !"
Lisez à l'occase l'excellent bouquin de Galbraith : "Brève histoire de l'euphorie financière", il est de ...1992 ! et ça résonnera bizarrement dans votre crâne.
Pas le temps, trop cher ? Lisez au moins la synthèse (cliquez sur le lien précédent).
Des bulles, y'en a une tous les 10-15 ans, qui est le temps, comme dit Galbraith, pour que la "mémoire financière" s'estompe.
Dit autrement, le temps que tes fesses refroidissent après la déculottée que tu as ramassée.
Fin de la parenthèse. )
Donc, on recentre et on résume.
Le fric ne coûte rien à emprunter, il faut être patriote et ne pas se laisser miner par le 9/11, l'internet ça schlingue, donc, donc, donc....
Next target to shoot : Real estate ! - Prochaine cible : L'immobilier !
Pourquoi de l'immobilier ?
- parce que ça ne peut pas être importé, donc pas de menaces venant des bridés avec leurs ouvriers payés en bol de riz,
-c'est rassurant, c'est concret, c'est familial, on sort du 11 septembre et du carnage de la "nouvelle économie" (MDR), je vous rappelle,
- ça draîne un paquet de fric monstre (tu investis tes économies en bourse, tu empruntes pour payer ta maison, on change d'échelle, tu commences à saisir ?)
- accessoirement, ça "calme" les tensions et revendications sociales, tu fais moins la princesse à ton boulot quand t'en as encore pour 20 ans de traites. Mais ça, c'est mon analyse perso et mon vieux fond anar' qui ressurgit.
En fait, cela s'est déclenché un peu plus tôt, mais comme tout le monde regardait le doigt, personne n'a vu la lune.
Le précédent krach immobilier (climax vers 1991) commençait à s'estomper (le souvenir de la fessée), et conjointement à la bulle internet, il y a eu une très forte demande en immobilier.
Pourquoi ? Cela peut prêter à sourire, mais c'est vrai, les dizaines de sociétés de la "nouvelle économie" (MDR) avaient besoin de petits locaux et ont investi les centres villes en Europe (à Paris c'était dans le Sentier), la Californie, l'Ohio, ou New-York pour les Sates.
Les cadres qui avaient un peu de blé et des gosses se sont lancés à leur tour.
Les pappys boomers, arrivant à l'âge de la retraite, ont cherché le soleil pour cultiver leur carcinome et ont revendu leurs apparts en centre ville 3 fois son prix aux précédents, et ça a "marché".
Cela n'explique pas tout, mais ça a fait catalyseur, comme en chimie.
D'un coup, les grands blancs, attirés par l'odeur du sang sont venus.
La suite est banalement simple : cupidité et esprit de lucre ont fait le reste, encore que, je vais y revenir.
Deux graphiques :
Le premier, c'est la France, Paris est en rouge, le premier pic c'est 1991, la montagne russe c'est aujourd'hui.
Constatez que contrairement à 1991, la France entière suit le mouvement, le phénomène n'est plus le fait des seuls promoteurs, mais des ménages.
Je salue ici l'excellent boulot de M. Friggit, économiste français qui tient ces graphiques à jour gratuitement.
Tous ses tableaux sont ici : http://www.adef.org/statistiques/, cliquez sur les liens de la page, tout est en Word pleine page.

Le deuxième, il est US, presque à mettre dans ma rubrique "No comment !".
La zone grise claire commence en 2000, le sommet, c'est 2006, vous comprenez, 2006...
Vous l'avez en grande taille ici, ça vient du New york Times, pas d'un site conspirationiste :
http://www.nytimes.com/imagepages/2007/09/23/weekinreview/20070923_BAJAJ_GRAPHIC.html

Cette envolée immobilière va créer de la "richesse".
Comment peut-on créer de la richesse avec des barraques ?
Une maison c'est une maison, et logiquement, comme pour les voitures, plus c'est vieux (je retire les manoirs anglais ou Versailles) moins ça doit être cher.
La demande, la demande,coco, pas dur, la demande, si tout le monde est persuadé que la maison qui fait 100 ce jour, en vaudra 150 demain car tout le monde en veut, ça fonctionne.
Tout le monde se croit riche, croire, c'est l'essentiel.
Des économistes parlent de prophéties "auto-réalisatrices", c'est dire...
"Je crois que ça va monter, alors j'achète, mon voisin qui me voit acheter achète aussi et ça monte !"
Imparable.
Et, là c'est magique, tu roules en 4x4 (coréen), tu as un écran plat (chinois), tu pars en vacances (à l'étranger), Pas grave, no problemo, dans 3 ans je revends le double.
Et ça peut durer longtemps ainsi, longtemps, j'ai dit, pas toujours.
Un dernier graphique :
En bleu, le taux de croissance déclaré du PIB des USA (GDP en VO), en rouge, toujours le même taux de croissance du PIB mais en retirant la part de l'immobilier.
Voici sur quoi repose le modèle anglo-saxon (en Angleterre, c'est pareil, en Irlande c'est pire) que l'on nous cite en exemple.
Regadez avant 2001 et après, et remontez voir le graphique précédent, Ah ! les c... !

Ne riez pas chez nous c'est pareil, mais je n'ai simplement pas trouvé de graphique.
Sachez simplement que de 1998 à 2006, la croissance du PIB français a été de 30 % pendant que l'immobilier augmentait de 120 %.
La réponse est dans le pourquoi.
La vérité est ailleurs...
Fin de l'épisode.
Volet 3 : Le Bon, la Brute et le Truand.
Bande son :
Prefab Sprout /Jordan : the comeback
Stravinsky / Le sacre du printemps
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