Mes filles préférées... au Musée ! (5) / Enigme

Publié le par Fab

Y'a un an, je voulais me "faire" le vieux Rouen, un vrai déluge a vite limité mes ambitions et je me suis réfugié au Musée des beaux-arts de la ville.
J'ai appris par la suite que c'était un des plus riches de Province, les collec' couvrent tout du XVIème au XXème et, y'a pas que des croûtes.
Et là...
Une découverte fortuite comme je les aime.

Dans une pièce réservée aux grands tableaux, je suis tombé sur ceci :


La toile fait près de 3 m de haut.

Nous étions 3-4 à rester figés devant l'oeuvre.

Son titre ? Enigme...

Ce qui m'a plu ?

En vrac.

La composition of course.

La jeune femme est sur un escalier menant nulle part (y'a pas de porte, de paysage derrière elle, mais juste un mur).

Le dégradé de couleurs chaudes, le jeu d'ombres et le contraste parfait entre la peau blanche du modèle, sa robe noire, le mur orange et les pavots rouges.

La structure triangulaire du modèle, le foulard noir et les zones de peau visibles, avec un pavot à sa base.

L'atmosphère du tableau ensuite.

La fille a un de ces visages que l'on peut  croiser en Espagne ou en Italie.

Dur, beau et triste avec ici, une pose très sulpicienne.
()
Dur de juger sur une petite image, mais pas pu trouver mieux sur le ouèbe (origine site US).
Fin de la ()

Inconsciemment, cela me fait penser aux "mater dolorosa" en mantille ou foulard que l'on peut croiser dans ces régions près des églises à l'heure des vêpres.

Ainsi qu'à l'affiche du film de Truffaut, "La mariée était en noir" est qui a longtemps alimentée mes questions existentielles de gosse. Vous savez, les trucs qui vous taraudent et dont vous n'osez pas en parler avec les "grands" ou les copains. Une mariée en noir ? Et qui fait chut. Une vraie énigme  ;-)

Affiche en bas du billet.

Dans le langage des fleurs, lié à ses "vertus" (on en tire l'opium et l'héro), le pavot symbolise le sommeil et le rêve, le sang christique chez les cathos,  mais c'était aussi l'un des symboles de Cérès, la déesse de la fécondité...

Un vrai mélange d'Eros et de Thanatos, de païen et de sacré que ce tableau...
Le peintre ?

Un ch'ti, Alfred Pierre Agache (1843-1915 Lille), peintre et musicien et père du célèbre urbaniste.

Oeuvre très restreinte, un brin ésotérique et qui s'inscrira dans ce que l'on nommera  plus tard le symbolisme.

Enigme date de 1888.

Le poête Edmond Haraucourt écrira ceci sur cette toile :

Prêtresse de l'énigme et fille du mystère

Je garde sous le ciel les secrets qu'il veut faire

Et je sais l'avenir comme un fait accompli

Mais j'ai fermé mon âme aux espoirs de la terre

Et seule sans désirs, j'endors mon âme austère

Dans l'orgueil du silence et la paix de l'oubli

Comme quoi, y'a pas que le Louvre...




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Publié dans Arts et culture

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A
De Alberto Eiguer Freud parle du corps de la femme comme d'un continent noir (Sur la sexualité féminine, 1931). Mais pour qui la femme est-elle une énigme ? Si le féminin est à l'évidence une énigme pour l'homme, il est aussi une source d'interrogations pour la femme. Cette énigme a pour origine le mystère de la différence des sexes et de la maternité ; l'énigme concernant ce que la mère révèle en son for intérieur ou encore le féminin chez l'homme. En chacun des sexes, c'est toujours le corps invisible qui produit le plus de mystère "L'éveil de la conscience féminine"
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