Made in USA 6/ Bob Kennedy et le PIB

Publié le par Fab

En cette période de bourrasque financière, bientôt globale et de campagne éléctorale US au ras du bitume, petite relecture d'un discours de Bob Kennedy lors de sa campagne pour l'investiture de1968, il sera assassiné quelques mois plus tard.
Ces lignes ont quarante ans...
Quand je pense qu'il y en a un qui veut aller chercher la croissance avec les dents...



Robert Francis Kennedy

En V.O. (ne partez pas, la version gauloise suit, comme toujours)

Too much and for too long, we seem to have surrendered personal excellence and community value in the mere accumulation of material things.
Our Gross National Product, now, is over eight hundred billion dollars a year, but that GNP - if we judge the United States of America by that - that GNP counts air pollution and cigarette advertising and ambulances to clear our highways of carnage.
It counts special locks for our doors and the jails for the people who break them.
It counts the destruction of the redwoods and the loss of our natural wonder in chaotic sprawl.
It counts napalm and it counts nuclear warheads, and armored cars for the police to fight riots in our cities.
It counts Whitman's rifle and Speck's knife, and the television programs which glorify violence in order to sell toys to our children.

Yet the Gross National Product does not allow for the health of our children, the quality of their education, or the joy of their play. It does not include the beauty of our poetry or the strength of our marriages, the intelligence of our public debate or the integrity of our public officials.
It measures neither our wit nor our courage, neither our wisdom nor our learning, neither our compassion nor our devotion to our country; it measures everything, in short, except that which makes life worthwhile. And it can tell us everything about America except why we are proud that we are Americans.



Un vidéo montage regardable, ce discours n'a pas été filmé à l'époque.

 



Depuis trop longtemps et à l'excès nous avons sacrifié les qualités personnelles et les valeurs de la communauté à la simple accumulation de biens matériels.
NotrePIB, maintenant, dépasse les 800 milliards de dollars par an, mais ce PIB, si nous évaluons les États-Unis d'Amérique sur cette base, ce PIB comptabilise la pollution de l'air, la publicité pour les cigarettes et les ambulances pour débarrasser les carnages de nos autoroutes
Il comptabilise aussi les serrures de sûreté de nos portes et les prisons pour ceux qui les fracturent.
Il comptabilise l'abattage des séquoias et la disparition de nos beautés naturelles dans une urbanisation chaotique.
Il tient compte de la production de napalm et des têtes nucléaires et des voitures blindées de la police destinées à réprimer des émeutes dans nos villes
Il comptabilise le fusil de Whitman* et le couteau de Speck** ainsi que les programmes télévisés célébrant la violence afin de vendre des armes en plastique à nos enfants.
En revanche, le PIB ne tient pas compte de la santé de nos enfants, de la qualité de leur instruction, ni de la gaieté de leurs jeux. Il ne mesure pas la beauté de notre poésie ou la solidité de nos mariages, la qualité de nos débats politiques ou l'intégrité de nos représentants.
Il ne mesure ni notre finesse d'esprit, ni notre courage, ni notre sagesse ou notre connaissance, ni notre compassion ou notre dévouement envers notre pays. En un mot, il tient compte de tout sauf de ce qui fait que la vie mérite d'être vécue.
Et il nous dit tout de l'Amérique excepté ce pourquoi nous sommes fiers d'être américains.

*-** : deux grands meurtriers de l'époque, cherchez à l'occase, leurs CV sont éloquents.

 

 

 

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Publié dans Histoire

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