Carnet estival 3 / La cagole
Billet dédié à une espèce typiquement méridionale et que je retrouve chaque année avec un certain plaisir, car quand je la croise, pas de doute, je suis bien en vacances dans ce Sud que j'apprécie tant.
Billet clin d'oeil aussi, car au fond je l'aime bien, la cagole.
Car, sache ami lecteur à "l'assent pôintu" du Noord, que dans les esprits masculins méridionaux et latins, elle occupe une place incontestée dans le panthéon féminin entre la vierge, la mama, la soeur, l'épouse, la p... et la maîtresse.
Billet dont la préparation m'a aussi valu les foudres de ma chère moitié qui n'a goûté que très moyennement mes "observations" sur le terrain.
Enfin, merci à mon collègue et ami Ph. pour son apport éclairé sur la variété insulaire corse.
La véritable est marseillaise, la version friquée est aixoise et n'en déplaise aux puristes, mais la niçoise, supporte largement la comparaison avec l'originale.
Oh ! Macarelle ! Tu va nous le dire, peuchère, ce que c'est qu'une cagole?
Patience ami lecteur, j'y arrive.
( ) du 15/09/08
Coupé de l'Internet au moment où je rédigeais ce post, j'ignorais totalement si la cagole avait intéressé quiconque un jour à part le groupe "Aïoli" qui en fit une chanson à peine drôle et très méchante.
Eh bien, la réponse est oui.
Elle a même eu les honneurs de Libé, de la chaîne TNT régionale de Marseille, et hommage suprême, une bière locale porte son nom.
Sérieux, sans déc'.
J'enrage, moi qui pensais être un pionnier.
Allez, je reste beau joueur et je charge tous les liens dans ce billet.
Fin de la ( )
La cagole donc.
Approche étymologique
Le clip de la chaîne régionale phocéenne se suffit à lui même.
Régalez-vous, pour le cacou c'est en fin de billet.
Cagole (origine de mots marseillais)
Approche historique et culturelle
Vous écriviez avant tout pour les parisiens et il leur fallait des mots simples et à eux.
Mais dites-moi Monsieur Pagnol, dans "votre" Fanny et "votre" Marius, c'était bien à la cagole et au cacou du Vieux Port à qui vous vouliez rendre hommage ,non ?
Parce que Pierre Fresnay en frimeur qui n'a au final que de la gueule, engrosse la gamine et se barre sur le premier navire et Orane Demazis*, la jeunette un peu nunuche et romantique vendant sa poiscaille sur le Vieux Port, et qui croit aux bobards de l'autre et se laisse culbuter le premier soir, éh bien tout cela, si c'est pas du cacou et de la cagole attitude.
* A mes yeux la Fanny du roman a vingt piges, à peine.
Orane Demazis frôlait la quarantaine au moment du tournage.
Erreur de casting ? Non. Concubinage notoire avec l'auteur du bouquin ? D'après vous...
Approche biologique
Jeune femelle, (encore que des spécimens de plus de 40 ans aient été aperçus) de l'homo sapiens meridionalis, le mâle étant désigné sous le vocable de Cacou, connu dans nos régions septentrionales en tant que "Kéké" , "Cake" ou "Jackie" .
La cagole est exclusivement provençale, sa zone d'habitat occupe la bande côtière s'étendant de Martigues à Nice (pas à Menton, y'a que des vieux...) en passant bien sûr par Marseille et remonte au nord jusqu'à Aix en Provence, pas plus.
On fait état enfin d'une variété insulaire présente uniquement dans une zone très restreinte de la Corse et dénommée "l'Ajaccienne". Que l'on se rassure, son isolement insulaire n'a pas induit un gigantisme ou un nainisme de l'espèce indigène.
Contrairement au cacou qui s'adapte sous n'importe quelle latitude, du moment qu'il trouve dans son biotope un Foot Locker, un kebab et une boutique de tuning, la cagole dépérira immanquablement si elle ne peut voir la mer ni porter des fringues minimalistes dix mois sur douze.
Approche vestimentaire
Nomenclature de bas en haut.
Chaussures
En règle générale, la cagole vit perchée sur pilotis, 8 cm de talon est un minimum.
Aiguilles ou compensé, c'est au choix.
Ceci étant, je constate depuis 2-3ans, la mode aidant, que la tong obtient ses faveurs.
Mais là, attention, pas celle que le Bidochon moyen enfile pour aller pétanquer au camping.
Non, celles avé la bride argentée ou dorée, pas aut' chose.
Et Dieu merci, l'hideuse Croc' ne chausse pas encore ses petons.
Le "bas"
La mode de la jupette provençale étant passée depuis un bail, notre cagole reste cependant fidèle aux basiques intemporels, soit :
- le short en jean à frange "moule-moule" agrémenté de préférence d'une splendide"queue de baleine" à l'arrière,
- la mini jupe (portefeuille ou à godets) en imprimé fluo ou en jean,
- le short de fitness.
Le "haut"
Pas de règles précises.
Ou toutefois si, selon la taille de bonnet du Wonderbra :
- petit top à bretelles en jersey coton deux tailles trop petit pour les bien "dotées",
- chemisier blanc semi-transparent avec lingerie noire pour les natures plus timides.
Les accessoires
Corporels
Plus sage, ou tout simplement moins c... que la parisienne, la cagole n'arborera son piercing qu'au nombril et non pas sur les endroits les plus improbables du visage.
Visible sous sa queue de baleine, le tatouage "tribal" en bas du dos (haut des fesses ?) se rencontre fréquemment.
Bijoux
Rapide et simple : tout est possible.
Des lettres D&G pesant une livre autour du cou au petit pendentif "coeur brisé" ou à la bagouze "bling-bling"
La rangée de créoles sur le pavillon de l'oreille se fait aussi.
Lunettes
Sur le front de préférence.
Tout modèle accepté à condition de voir la marque sur la monture (les lunettes sont les dernières contrefaçons encore disponibles à Vintimille)
La coiffure
Pour plagier l'article de Libé qui va suivre, je serai tenté de dire aussi "blondeu avecque des mècheu", toutefois, j'ai pu constater que la brunette au naturel est bien présente et influence du "gothique" aidant, le noir corbeau devient plus prégnant chaque année.
Ongles
French manucure ou bleu bien flashy.
Le portable
NB : on parle bien du téléphone, pas du dernier laptop de chez Apple.
Modèle coulissant et rivé à l'oreille.
Approche éthologique
La cagole est foncièrement grégaire, elle ne se déplace qu'en bande de trois ou quatre parce que "comme ça les garçons y te laissent tranquilleu, sinon, bon' jour les remarqueu".
Ce comportement s'observe aux terrasses des cafés, et je suppose aussi en boîte de nuit (je préfère les noctures à l'hippodrome de Cagnes, à chaque âge ses plaisirs).
Ami cacou, navré de te le dire, mais t'es pas couché avant d'en "lever" une.
A ce sujet, je vous envoie vers la page perso d'un internaute corse qui résume très bien la chose avec les ajacciennes.
Au point de vue langage, à part l'assent du sud, j'ai constaté que toute phrase commence obligatoirement par : "Äyïïïïï ! moi je te le dis, hein....."
Les écouter commenter les articles des boutiques (1 sur 2 c'est lingerie) de la rue Masséna quand elles font du lèche-vitrine est mon petit plaisir de mes virées niçoises.
Je sais, pas charitable.
Dernier point, et je vais en finir là, la cagole parle souvent des garçons et relate bien volontiers à ses copines (en live ou au téléphone) ses "exploits" ou déceptions de coeur.
Car ne nous y trompons pas, avant d'être une figure locale / typique du Sud, toute cagole qu'elle est, "brave" comme on dit là-bas, elle est avant tout une femme, qui comme toutes les autres, rêve à son prince charmant et mérite notre affection.
A l'année prochaine ma cagole.
Approche journalistique
Source d'origine ici : http://www.liberation.fr/transversales/villes/282170.FR.php
Blondes, «avé des mécheu», indescriptibles et touchantes, portraits de Marseillaises.
QUOTIDIEN : samedi 29 septembre 2007
La vraie cagole, nous confient les spécialistes, est toujours blonde décolorée, parfois bicolore avec des mécheu. Professionnellement, pour résumer, c'est assez simple, on parle de «styliste au rayon string de Carrefour ou encore de limeuse d'ongles» . «Ayiiiiiiiiiiii», piaille-t-elle rue Saint-Fé (Saint- Férréol), ou rue de Rome ou vers le centre Bourse, d'une voix très forte, d'un accent très marqué qui signe sa classe, avec un langage qui n'appartient qu'à elle mélange de lou provencou, lou marseillou , et un peu de cité-banlieue. Parfois, nous explique un linguiste, c'est intraduisible, comme le mystérieux «salette». On entend aussi souvent «c'est le ouaille», c'est le bordel, donc, en cagole, et le fameusissime «c'est le vier» (d'ours, d'âne) qui signifie sobrement «bite» .
Gentille greluche un peu simplette, menaçante femelle aux attributs un brin ubersoulignés, ou parangon du féminisme, si on garde cette idée quelle a fait sienne : «Trop n'est pas assez !» Trop blonde, trop décolletée, trop serrée du corsaire, elle est trop, quoi. Serge Scotto, l'écrivain marseillais, a tranché : «Ce sont des déesses de la rue, elles ont une arrogance, elles n'ont pas peur des mecs.» Allez, une petite dernière sur ces pauvres cagoles, assimilées semble-t-il, à des sous-sous-blondes : «On note un grand nombre de décès par électrocution chez les cagoles, retrouvées la langue collée aux prises de courant. Il semblerait que la cagole ait compris qu'elle pouvait y prendre du jus.»
Le Cacou
Billet clin d'oeil aussi, car au fond je l'aime bien, la cagole.
Car, sache ami lecteur à "l'assent pôintu" du Noord, que dans les esprits masculins méridionaux et latins, elle occupe une place incontestée dans le panthéon féminin entre la vierge, la mama, la soeur, l'épouse, la p... et la maîtresse.
Billet dont la préparation m'a aussi valu les foudres de ma chère moitié qui n'a goûté que très moyennement mes "observations" sur le terrain.
Enfin, merci à mon collègue et ami Ph. pour son apport éclairé sur la variété insulaire corse.
La véritable est marseillaise, la version friquée est aixoise et n'en déplaise aux puristes, mais la niçoise, supporte largement la comparaison avec l'originale.Oh ! Macarelle ! Tu va nous le dire, peuchère, ce que c'est qu'une cagole?
Patience ami lecteur, j'y arrive.
( ) du 15/09/08
Coupé de l'Internet au moment où je rédigeais ce post, j'ignorais totalement si la cagole avait intéressé quiconque un jour à part le groupe "Aïoli" qui en fit une chanson à peine drôle et très méchante.
Eh bien, la réponse est oui.
Elle a même eu les honneurs de Libé, de la chaîne TNT régionale de Marseille, et hommage suprême, une bière locale porte son nom.
Sérieux, sans déc'.
J'enrage, moi qui pensais être un pionnier.
Allez, je reste beau joueur et je charge tous les liens dans ce billet.
Fin de la ( )
La cagole donc.
Approche étymologique
Le clip de la chaîne régionale phocéenne se suffit à lui même.
Régalez-vous, pour le cacou c'est en fin de billet.
Cagole (origine de mots marseillais)
Approche historique et culturelle
Vous écriviez avant tout pour les parisiens et il leur fallait des mots simples et à eux.Mais dites-moi Monsieur Pagnol, dans "votre" Fanny et "votre" Marius, c'était bien à la cagole et au cacou du Vieux Port à qui vous vouliez rendre hommage ,non ?
Parce que Pierre Fresnay en frimeur qui n'a au final que de la gueule, engrosse la gamine et se barre sur le premier navire et Orane Demazis*, la jeunette un peu nunuche et romantique vendant sa poiscaille sur le Vieux Port, et qui croit aux bobards de l'autre et se laisse culbuter le premier soir, éh bien tout cela, si c'est pas du cacou et de la cagole attitude.
* A mes yeux la Fanny du roman a vingt piges, à peine.
Orane Demazis frôlait la quarantaine au moment du tournage.
Erreur de casting ? Non. Concubinage notoire avec l'auteur du bouquin ? D'après vous...
Approche biologique
Jeune femelle, (encore que des spécimens de plus de 40 ans aient été aperçus) de l'homo sapiens meridionalis, le mâle étant désigné sous le vocable de Cacou, connu dans nos régions septentrionales en tant que "Kéké" , "Cake" ou "Jackie" .
La cagole est exclusivement provençale, sa zone d'habitat occupe la bande côtière s'étendant de Martigues à Nice (pas à Menton, y'a que des vieux...) en passant bien sûr par Marseille et remonte au nord jusqu'à Aix en Provence, pas plus.
On fait état enfin d'une variété insulaire présente uniquement dans une zone très restreinte de la Corse et dénommée "l'Ajaccienne". Que l'on se rassure, son isolement insulaire n'a pas induit un gigantisme ou un nainisme de l'espèce indigène.
Contrairement au cacou qui s'adapte sous n'importe quelle latitude, du moment qu'il trouve dans son biotope un Foot Locker, un kebab et une boutique de tuning, la cagole dépérira immanquablement si elle ne peut voir la mer ni porter des fringues minimalistes dix mois sur douze.
Approche vestimentaire
Nomenclature de bas en haut.
Chaussures
En règle générale, la cagole vit perchée sur pilotis, 8 cm de talon est un minimum.
Aiguilles ou compensé, c'est au choix.
Ceci étant, je constate depuis 2-3ans, la mode aidant, que la tong obtient ses faveurs.
Mais là, attention, pas celle que le Bidochon moyen enfile pour aller pétanquer au camping.
Non, celles avé la bride argentée ou dorée, pas aut' chose.
Et Dieu merci, l'hideuse Croc' ne chausse pas encore ses petons.
Le "bas"
La mode de la jupette provençale étant passée depuis un bail, notre cagole reste cependant fidèle aux basiques intemporels, soit :
- le short en jean à frange "moule-moule" agrémenté de préférence d'une splendide"queue de baleine" à l'arrière,
- la mini jupe (portefeuille ou à godets) en imprimé fluo ou en jean,
- le short de fitness.
Le "haut"
Pas de règles précises.
Ou toutefois si, selon la taille de bonnet du Wonderbra :
- petit top à bretelles en jersey coton deux tailles trop petit pour les bien "dotées",
- chemisier blanc semi-transparent avec lingerie noire pour les natures plus timides.
Les accessoires
Corporels
Plus sage, ou tout simplement moins c... que la parisienne, la cagole n'arborera son piercing qu'au nombril et non pas sur les endroits les plus improbables du visage.
Visible sous sa queue de baleine, le tatouage "tribal" en bas du dos (haut des fesses ?) se rencontre fréquemment.
Bijoux
Rapide et simple : tout est possible.
Des lettres D&G pesant une livre autour du cou au petit pendentif "coeur brisé" ou à la bagouze "bling-bling"
La rangée de créoles sur le pavillon de l'oreille se fait aussi.
Lunettes
Sur le front de préférence.
Tout modèle accepté à condition de voir la marque sur la monture (les lunettes sont les dernières contrefaçons encore disponibles à Vintimille)
La coiffure
Pour plagier l'article de Libé qui va suivre, je serai tenté de dire aussi "blondeu avecque des mècheu", toutefois, j'ai pu constater que la brunette au naturel est bien présente et influence du "gothique" aidant, le noir corbeau devient plus prégnant chaque année.
Ongles
French manucure ou bleu bien flashy.
Le portable
NB : on parle bien du téléphone, pas du dernier laptop de chez Apple.
Modèle coulissant et rivé à l'oreille.
Approche éthologique
La cagole est foncièrement grégaire, elle ne se déplace qu'en bande de trois ou quatre parce que "comme ça les garçons y te laissent tranquilleu, sinon, bon' jour les remarqueu".
Ce comportement s'observe aux terrasses des cafés, et je suppose aussi en boîte de nuit (je préfère les noctures à l'hippodrome de Cagnes, à chaque âge ses plaisirs).
Ami cacou, navré de te le dire, mais t'es pas couché avant d'en "lever" une.
A ce sujet, je vous envoie vers la page perso d'un internaute corse qui résume très bien la chose avec les ajacciennes.
Au point de vue langage, à part l'assent du sud, j'ai constaté que toute phrase commence obligatoirement par : "Äyïïïïï ! moi je te le dis, hein....."
Les écouter commenter les articles des boutiques (1 sur 2 c'est lingerie) de la rue Masséna quand elles font du lèche-vitrine est mon petit plaisir de mes virées niçoises.
Je sais, pas charitable.
Dernier point, et je vais en finir là, la cagole parle souvent des garçons et relate bien volontiers à ses copines (en live ou au téléphone) ses "exploits" ou déceptions de coeur.
Car ne nous y trompons pas, avant d'être une figure locale / typique du Sud, toute cagole qu'elle est, "brave" comme on dit là-bas, elle est avant tout une femme, qui comme toutes les autres, rêve à son prince charmant et mérite notre affection.
A l'année prochaine ma cagole.
Approche journalistique
Source d'origine ici : http://www.liberation.fr/transversales/villes/282170.FR.php
Marseille Les gens
La cagole, un cliché haut en couleur
Blondes, «avé des mécheu», indescriptibles et touchantes, portraits de Marseillaises.
Par Emmanuèle PEYRET
QUOTIDIEN : samedi 29 septembre 2007
Mais Dieu que les gens sont méchants. «Patricia, putaing, j'ai le stérilet qu'est rouillé, je fais pipi marron, j'ai chopé le Tatanosse» . Et voilà comment, sur un site au demeurant (au demeuré ?) fort drolasse, on cite la «cagole», cette créature typiquement marseillaise, sensible à une certaine idée de la mode, euh, comment dire, visible ? Affichée ? Personnelle ? A ne pas confondre avec ses consoeurs aixoises (plus «chic») ou toulonnaises (moins «chic»).
A l'origine, nous enseigne un spécialiste, c'est une fille de petite vertu, dont le nom vient du provençal cagoulo , «blouse, long tablier», porté par les ouvrières du début du siècle en usine d'empaquetage. Et vu leur salaire, il n'était pas rare que ces personnes monnaient leurs charmes en fin de journée. Ça, c'est pour l'étymologie et la grand-mère de la cagole.
L'actuelle, la compagne du «cacou», (ou «cake»), est essentiellement concentrée sur la mode, les fringues, le maquillage, la coueffure. Du moment que c'est fluo, années 80, chaussettes par-dessus le jogging ultra moulant. Ou jupe ras-la-moule par-dessus des collants bigarrés sans pieds, lesquels sont nichés dans d'improbables souliers sur pilotis et voyants. Autrement dit, «un goût sans faille pour les couleurs fluorescentes se fondant instantanément dans les décors d'Eurodisney, qui restera l'unique sortie culturelle de sa vie».
L'actuelle, la compagne du «cacou», (ou «cake»), est essentiellement concentrée sur la mode, les fringues, le maquillage, la coueffure. Du moment que c'est fluo, années 80, chaussettes par-dessus le jogging ultra moulant. Ou jupe ras-la-moule par-dessus des collants bigarrés sans pieds, lesquels sont nichés dans d'improbables souliers sur pilotis et voyants. Autrement dit, «un goût sans faille pour les couleurs fluorescentes se fondant instantanément dans les décors d'Eurodisney, qui restera l'unique sortie culturelle de sa vie».
La vraie cagole, nous confient les spécialistes, est toujours blonde décolorée, parfois bicolore avec des mécheu. Professionnellement, pour résumer, c'est assez simple, on parle de «styliste au rayon string de Carrefour ou encore de limeuse d'ongles» . «Ayiiiiiiiiiiii», piaille-t-elle rue Saint-Fé (Saint- Férréol), ou rue de Rome ou vers le centre Bourse, d'une voix très forte, d'un accent très marqué qui signe sa classe, avec un langage qui n'appartient qu'à elle mélange de lou provencou, lou marseillou , et un peu de cité-banlieue. Parfois, nous explique un linguiste, c'est intraduisible, comme le mystérieux «salette». On entend aussi souvent «c'est le ouaille», c'est le bordel, donc, en cagole, et le fameusissime «c'est le vier» (d'ours, d'âne) qui signifie sobrement «bite» .
Gentille greluche un peu simplette, menaçante femelle aux attributs un brin ubersoulignés, ou parangon du féminisme, si on garde cette idée quelle a fait sienne : «Trop n'est pas assez !» Trop blonde, trop décolletée, trop serrée du corsaire, elle est trop, quoi. Serge Scotto, l'écrivain marseillais, a tranché : «Ce sont des déesses de la rue, elles ont une arrogance, elles n'ont pas peur des mecs.» Allez, une petite dernière sur ces pauvres cagoles, assimilées semble-t-il, à des sous-sous-blondes : «On note un grand nombre de décès par électrocution chez les cagoles, retrouvées la langue collée aux prises de courant. Il semblerait que la cagole ait compris qu'elle pouvait y prendre du jus.»
Cindy Peyret
Approche masculine Le Cacou
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