Lâcher prise / Letting go
Billet en rapport direct avec mon agenda, demain c'est coupure annuelle pour quelque temps et je vais retrouver mes cagoles.
Billet perso, y'aura donc pas de références, mais comme le truc devient très "mode", si le sujet vous branche, allez butiner dans les pages psycho des forums de Doctissimo ou de Au féminin pour approfondir.
Pages "psycho" j'ai dit, pas "sexe".
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Tiens comme ça en passant, allez donc lire un jour,- ne serait-ce que les titres-, des sujets de discussions abordées dans ces fameuses pages, pfiou ! Comme on dit, du "lourd", je n'ose même pas résumer.
Fin de ()
Que mes lecteurs pros du "psy world" excusent les raccourcis éventuels,
Le Lâcher prise donc.
Ou c'est en ne pensant plus aux choses qu'elles finissent par arriver.
La porte de la maison vient de claquer avec les clefs à l'intérieur.
Trente secondes complètement hébété, puis, si vous n'avez pas filé deux ou trois coups de latte rageurs dans la porte ou secoué hystériquement la poignée, vous vous demandez si vous commencez par appeler votre conjoint avant ou après le serrurier.
Ça peut durer deux ou trois minutes cette réflexion : car outre la scène de ménage à distance qui se profile, l'idée qu'une partie de votre beau pognon aille finir dans la poche de "AAA Dépannage-SOS 7/7 24/24" vous crispe pas mal aussi.
Et puis, tout d'un coup vous réalisez que la porte-fenêtre côté jardin est restée ouverte, porte à l'origine d'ailleurs du courant d'air qui a fait claquer votre porte d'entrée.
L'instant de réflexion avant de téléphoner où vous n'avez plus pensé à ouvrir votre porte vous a été salutaire.
Le titre d'un livre qui vous échappe totalement et désespérément durant la conversation et qui revient soudainement et spontanément deux heures plus tard...
Votre entretien d'embauche ultra bétonné qui finit en vrille...
En revanche, la structure de votre projet qui vous apparaît comme lumineuse en prenant votre douche alors que rien n'est sorti des deux heures de réunion de cadrage avec votre équipe.
On raconte que pour piéger un ours, les Amérindiens suspendaient à hauteur d'un ours debout, une pierre enduite de miel.
L'ours sentant le miel donne un coup de patte sensé faire choir la pierre, comme il fait avec une ruche sauvage.
Lancée, la pierre va revenir taper l'ours sur le museau.
Vexé, il va frapper plus fort et ainsi de suite jusqu'à ce qu'il s'assomme littéralement tout seul.
On raconte aussi que certaines tribus piègent les singes de la manière suivante : dans une noix de coco évidée et reliée à une corde solidement ancrée, le chasseur y pose des friandises. Le macaque/babouin, - ou c'que vous voulez comme singe, (l'histoire, à mon avis, sent très fort la légende urbaine, elle juste est là pour la parabole), le macaque donc, plonge sa main dans la noix de coco, s'empare des friandises et tente de retirer son poing fermé, rempli des douceurs convoitées. Le trou étant d'un diamètre inférieur au poing fermé de l'animal, ce dernier va tirer de toutes ses forces mais ne renoncera pas à son butin.
Le chasseur n'a plus qu'à le capturer/tirer une flèche ou un coup de fusil selon les versions.
Vous, gros malins d'humains allez dire au singe : "Lâche la bouffe et tire-toi, rien ne vaut la liberté" mieux ou encore "Ducon, lâche les friandises, retire ta main, renverse la noix de coco, ramasse ton butin et casse-toi
Réponse imparable et pleine de bon sens et au passage très bonne illustration de ce que m'a appris à titre perso l'école de Palo Alto sur la résolution des problèmes et le changement.
Petite digression.
Pour résoudre un dysfonctionnement de votre "système", il faut commencer par élargir le système, lui ajouter une dimension, l'intégrer en un "méta-système, car la vraie solution est souvent en dehors du système.
Nous nous usons souvent avec des changements d'ordre 1 : "Je fais un énième régime, qui foirera comme d'hab', mais faut bien perdre 5 kg avant les vacances", le fameux "toujours plus de... un peu moins de...".
Seul un changement d'ordre 2 sera vraiment efficace : "Je me fous des régimes mais en revanche, je change mon mode de vie qui me stresse et me fait bouffer vite et mal".
Un peu le professeur John Keating (Robin Williams) qui fait monter ses élèves sur leurs tables afin qu'ils aient un autre point de vue de la classe dans "Le Cercle des poètes disparus"…
Mais dans notre vie, n'agissons-nous pas comme le babouin avec sa noix de coco ?
Et pourquoi ?
Rapide, seul le "comment" m'importe en général.
À cela je répondrai que :
-1 le sentiment d'abandon / de perte est l'émotion la plus puissante chez l'être humain.
Pensez aux 3 mois offerts gratuits de Canal+, le taux de résiliation d'abonnement après la période d'essai gratuite est proche de zéro.
Plus sérieusement, songez à vos deuils ou chagrins amoureux…l'extrême difficulté à touner la page, faire son deuil comme on dit.
- 2 notre société, nous-mêmes, sommes obsédés à vouloir tout contrôler, maîtriser, "gérer" comme je l'entends si souvent.
Je "gère" mon job, mes gosses, ma vie sexuelle, mes loisirs, mon clebs...
L'angoisse de perdre pied, de ne "pas "assurer"
Car, parmi tout ce qui peut nous "tomber" dessus, il est important je pense, de faire la différence entre ce qui peut réellement dépendre de notre contrôle ou volonté, ce qui peut être simplement influencé et ce qui nous échappe totalement.
Faute de ce tri préalable, si je puis dire, quand une chose qui par essence nous échappe mais que je m'acharne à vouloir contrôler, que cela soit les évènements, mes émotions, ou celles des autres, la "pression" subie devient vite intolérable.
Ce qu'est le lâcher prise...
Petite introspection et question :
Avez-vous réellement maîtrisé / contrôlé tous les évènements fondamentaux de votre vie ?
Amour, job, décès d'un proche, maladie,
A l'inverse, la fille qui vous recontacte des mois plus tard alors que pour vous, c'était "flambé", la lettre d'embauche qui arrive au bout de trois semaines, les deuxièmes résultats du labo qui sont pour le coup négatifs.
J'en ai déjà parlé souvent ici, mais, entre la réalité, et la représentation par nos croyances y'a un gap...
Accepter que la réalité n'est pas toujours celle conçue / désirée / crainte par notre esprit, que nous ne pouvons changer ni les gens, ni les choses, mais simplement notre manière de les appréhender, et que comme l'eau, contourner l'obstacle est plus efficace que d'y aller de front.
Pour les "Berniens", faites taire et le "Parent tyran " ainsi que "l'Enfant rebelle" qui ne manquera pas de lui répondre.
Se focaliser sans répit sur un problème, n'amène que les pires solutions.
Car solutions / décisions prise sous l'emprise de l'émotif.
Émotif qui dans votre beau cerveau renvoie le réflexif dans ses "22 mètres" et vous interdit de penser / trouver la solution cohérente.
Quelques pistes...
PPP.
Position parallèle au plafond, le détachement.
Technique salutaire que je dois à quelqu'un qui m'a beaucoup apporté.
On raconte (encore !) que les moines, lors de leurs médiations utilisaient le truc suivant :
S'asseoir dans un fauteuil, se laisser aller à la somnolence (pas dur, ils dorment moins de 5 h par nuit) en tenant une cuillère au dessus d'une gamelle.
Quand la cuillère tombait bruyamment sur la gamelle, l'idée, l'interprétation du verset biblique était trouvée.
Rien de magique, simplement faire passer brusquement votre cerveau des ondes Alpha à l'état de vigilance.
Laisser du temps au temps.
Cesser d'espérer (ou craindre), le réalisme.
Facile à dire, j'en conviens...
C'est Comte-Sponville dans un de ses essais qui m'a donné une approche originale.
Je résume brutalement, mais l'idée est là :"Espérer c'est attendre une chose dont on n'est même pas sûr qu'elle se réalisera, ni quand et sur laquelle on n'a aucune influence".
Épargnez-vous donc une dépense d'énergie et un stress inutile sur ce que vous ne pouvez influencer (le tri que j'évoquais) et travaillez sur ce qui dépend réellement de vous.
Ici et maintenant, le recentrage.
En droite ligne du précédent paragraphe, très schématiquement, je transmets, vous chercherez, (c'est du Berne)...
Nous avons souvent l'esprit pollué soit par les anticipations ("l'espace de temps au cours duquel un évènement futur modifie/altère le comportement présent de l'individu") ou les répercussions (pareil, mais avec un évènement passé).
Allez, juste pour jouer, analysez-vous les 3-4 jours précédant votre départ en vacances ou les 3-4 suivants un entretien crucial (job ou fille).
La doublette "anticipation-répercussion" va faire une belle sarabande dans votre esprit !
Les cas extrêmes ? Les phobiques...
Et si tout simplement vous n'alliez pas vous prendre une bière en terrasse ?
Mater les filles qui passent ou profiter du soleil qui inonde la rue...
Je sais, c'est lundi, ben bosse alors, c'est aussi un excellent remède.
Bande son : Indochine - Little Dolls