Gustave Le Bon / Psychologie des foules
En fait, c'est volontaire, le club house où je vais dispose de la wifi, mais parfois j'aime revenir à "l'ancien temps" et lire des livres, écrire avec un crayon (!) et faire "autre chose".
Parce que la propaganda au sujet de la grippe A ou de la fameuse "reprise" qui arrive en septembre (P...! si vous saviez...) me fait grimper au rideau quand j'ouvre les sites de la presse "mainstream".Un court extrait d'un ouvrage fondamental de notre siècle, enfin des 110 dernières années.
Le Bon, Gustave Le Bon, il y a une bonne bio sur Wiki, pour les feignasses, l'essentiel :
Gustave Le Bon (7 mai 1841 à Nogent-le-Rotrou – 13 décembre 1931 à Marnes-la-Coquette), est un anthropologue, psychologue social, sociologue et scientifique amateur français. Polygraphe, il est l'auteur de nombreux ouvrages dans lesquels il aborde le désordre comportemental et la psychologie des foules. Il soutint sans équivoque la théorie d'une hiérarchisation des groupes ethniques humains (qualifiés de « races ») et de la supériorité de l'homme occidental. Il avait également des tendances anticléricales
Parce que suivant le "zeitgeist", pardon l'air du temps, il est considéré comme un vilain facho, on a vilipendé et méprisé sa pensée au sein des cercles de la bien-pensance.
Tout du moins en France.
Pourtant, sachez qu'Hitler, Goebbels ou encore Staline l'ont lu.
Pas mal comme références, non ?
Références apocryphes mais plausibles car ouvrage cité au moins par Goebbels.
Un court extrait, ceal devrait "résonner" bizarre dans vos crânes.
"Bonne lecture" si je puis dire.
Le texte entier est dispo ici ; http://classiques.uqac.ca/classiques/le_bon_gustave/psychologie_des_foules_PUF/psychologie_des_foules.html
"L'affirmation pure et simple, dégagée de tout raisonnement et de toute preuve, est
un des plus sûrs moyens de faire pénétrer une idée dans l'esprit des foules. Plus
l'affirmation est concise, plus elle est dépourvue de toute apparence de preuves et de
démonstration, plus elle a d'autorité. Les livres religieux et les codes de tous les âges
ont toujours procédé par simple affirmation. Les hommes d'État appelés à défendre
une cause politique quelconque, les industriels propageant leurs produits par l'annonce,
savent la valeur de l'affirmation.
L'affirmation n'a cependant d'influence réelle qu'à la condition d'être constamment
répétée, et, le plus possible, dans les mêmes termes. C'est Napoléon, je crois, qui a dit
qu'il n'y a qu'une seule figure sérieuse de rhétorique, la répétition. La chose affirmée
arrive, par la répétition, à s'établir dans les esprits au point qu'ils finissent par l'accepter
comme une vérité démontrée.
On comprend bien l'influence de la répétition sur les foules, en voyant à quel
point elle est puissante sur les esprits les plus éclairés. Cette puissance vient de ce que
la chose répétée finit par s'incruster dans ces régions profondes de l'inconscient où
s'élaborent les motifs de nos actions. Au bout de quelque temps, nous ne savons plus
quel est l'auteur de l'assertion répétée, et nous finissons par y croire. De là la force
étonnante de l'annonce. Quand nous avons lu cent fois, mille fois que le meilleur
chocolat est le chocolat X, nous nous imaginons l'avoir entendu dire de bien des
côtés, et nous finissons par en avoir la certitude. Quand nous avons lu mille fois que
la farine Y a guéri les plus grands personnages des maladies les plus tenaces, nous
finissons être tentés de l'essayer le jour où nous sommes par atteints d'une maladie du
même genre. Si nous lisons toujours dans le même journal que A est un parfait gredin
et B un très honnête homme, nous finissons par en être convaincus, à moins, bien
entendu, que nous ne lisions souvent un autre journal d'opinion contraire, ou les deux
qualificatifs soient inversés. L'affirmation et la répétition sont seules assez puissantes
pour pouvoir se combattre.
Lorsqu'une affirmation a été suffisamment répétée, et qu'il y a unanimité dans la
répétition, comme cela est arrivé pour certaines entreprises financières célèbres assez
riches pour acheter tous les concours, il se forme ce qu'on appelle un courant d'opinion
et le puissant mécanisme de la contagion intervient. Dans les foules, les idées,
les sentiments, les émotions, les croyances possèdent un pouvoir contagieux aussi
intense que celui des microbes. Ce phénomène est très naturel puisqu'on l'observe
chez les animaux eux-mêmes dès qu'il sont en foule. Le tic d'un cheval dans une
écurie est bientôt imité par les autres chevaux de la même écurie. Une panique, un
mouvement désordonné de quelques moutons s'étend bientôt à tout le troupeau. Chez
l'homme en foule toutes les émotions sont très rapidement contagieuses, et c'est ce qui
explique la soudaineté des paniques. Les désordres cérébraux, comme la folie, sont
eux-mêmes contagieux. On sait combien est fréquente l'aliénation chez les médecins
aliénistes. On a même cité récemment des formes de folie, l'agoraphobie par exemple,
communiquées de l'homme aux animaux."