La télévision Potemkine

On raconte que pour faire croire à sa maîtresse et accessoirement patronne que, suivant en cela Pangloss dans Candide, "tout allait bien dans le meilleur des mondes", Grigori Potemkine faisait installer, la veille au soir, de fausses façades pimpantes recouvrant les masures des villages traversés par tout l'équipage de Madame.
Ah oui, j'allais oublier, Madame, c'était l'Impératrice de toutes les Russies, Catherine II.
Excusez du peu.
En réalité, surtout construits pour impressionner ambassadeurs et banquiers étrangers accompagnant Catherine II, -elle n'était pas dupe, le terme de "village Potemkine" est entré dans le langage commun quand on évoque un habillage clinquant destiné à dissimuler une réalité misérable.
C'était à la fin du XVIIIème.
Le Prince Gigori Potemkine
Il ya quelques années, j'avais vu sur Arte un documentaire sur la propagande en Roumanie.
(des extraits en anglais ici)
Des extraits de films officiels illustraient le propos.
Du grandiose...
Staline ? Un amateur, si, si, sérieux.
Fait amusant, un des commentateurs du documentaire, un pionner (les scouts cocos) du régime de Ceausescu raconte la chose suivante :
sur la fin, le pays, qui sombrait dans une misère médiévale, aurait été bien infoutu de produire les monceaux de fruits présentés au "Conducator" par les jolies petites filles en habit folklorique (vous voyez tous de quoi je parle) lors des fêtes des récoltes.
Les fruits étaient en polystyrène peint !
Il y avait ainsi un raccord dans le film et en "off" on sortait une vraie pomme (achetée au marché noir) que le Conducator croquait à belles dents face camera.
L'annecdote est relaté dans ce bout de vidéo (à 1'25") , c'est ici : http://www.youtube.com/watch?v=FolMM0_Nfmo&feature=player_embedded#t=108
C'était les années 70-80 de l'autre côté du rideau de fer.
Et toute cette intro pour quoi faire ?
Oh rien, comme ça, me fait juste penser à ce j'ai vu ces dernières semaines dans la boîte à troubadours.
D'où le titre de mon billet.
Démonstration en images :